Pétition à Ministre de l’Agriculture
SAUVONS NOS FERMES D’ANTAN

SAUVONS NOS FERMES D’ANTAN

Quand j’ai lu ces quelques mots « Comme toutes les grandes disparitions, celle-ci se produira dans l’indifférence. Il faudra attendre qu’il soit trop tard pour découvrir que c’était une faute », mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai décidé de lancer cette pétition.

Car oui, notre silence est coupable quand on voit quelque chose qui nous est familier, qui fait partie de notre histoire et de notre patrimoine, mourir sous les coups de la règlementation européenne.

Je veux parler de nos fermes traditionnelles, ces belles bâtisses avec leur étable et leur grenier à foin, qui disparaissent les unes après les autres à cause de normes délirantes calquées sur l’hygiénisme américain.

Mais heureusement, quelques paysans résistent encore.

Et si nous sommes des milliers (et peut-être même des dizaines de milliers ?) à leur apporter notre témoignage de soutien, nous pourrons je l’espère sauver nos fermes d’antan, sauver les paysages qu’elles ponctuent si joliment et nombre de savoir-faire ancestraux irremplaçables.

S’il vous plaît, signez vite la pétition ci-contre et faites suivre à vos amis et vos proches.

Mais avant, lisez ce récit poignant du romancier Benoît Duteurtre (dans son dernier livre paru chez Gallimard « Livre pour adultes »).

Tout y est merveilleusement dit et je n’aurais pas la prétention de vous le raconter mieux que cet essayiste de talent.

Lisez, régalez-vous.

Et si, comme moi, vous avez envie de faire quelque chose pour arrêter cette effroyable gâchis, signez la pétition !

Merci.

Liliane

 

 

« Vous savez, Madame ? On laisse faire parce que vous êtes âgée, mais c’est seulement une tolérance. Après, ce sera fini ! TER-MI-NÉ »

Les inspecteurs de l’hygiène ne sont pas inhumains. Envoyés sur le terrain par la direction départementale de l’agriculture, ils connaissent la somme de pratiques ancestrales qui maintiennent les tout derniers paysans de montagne à l’écart des règles. Après leurs études dans des lycées agricoles où ils ont découvert les avantages de l’élevage intensif, les perspectives de la « filière porc » et celles de la « filière volaille », quelques-uns ont même révisé leurs conceptions. Ils admettent qu’une agriculture bio pourrait jouer son rôle dans l’ « économie verte » et ils encouragent le développement de nouvelles « filières » en ce domaine…pourvu que celles-ci respectent les contraintes en vigueur : séparation des bâtiments agricoles et des bâtiments d’habitation, élevage des bêtes hors-sol, sur des surfaces en béton, injection de puces qui permettent de reconstituer le parcours de chaque animal, alimentation par des marques labellisées, stérilisation des produits de la ferme, utilisation obligatoire par les agriculteurs de gants de plastique et de bonnets destinés à protéger les aliments de toute contamination. Si on lui demandait « Et pourquoi pas une combinaison de cosmonaute ? », l’inspecteur de l’hygiène sourirait. Ce n’est pas un intégriste. Il veille seulement au respect des normes.

Or force est d’avouer que, pour ce qui est des normes, Josette Antoine, 60 ans, se trouve en deçà de la moyenne. Dans sa ferme plantée en altitude au milieu des forêts, à quelques kilomètres de mon village, les vaches et les veaux occupent toujours une étable située à l’intérieur de la maison ; les lapins mangent de l’herbe fraîche ; les poules picorent les grains et les vers de terre, mais aussi quelques restes de cuisine (c’est formellement interdit !). Josette vend un lait encore chaud, à peine sorti du pis, qui mousse dans de grands seaux ; et, lorsqu’elle remplit mon pot en laiton dans la remise, je vois passer des hirondelles qui rejoignent leurs nids minuscules accrochés aux poutres de l’étable. Mais ce n’est pas tout : dans son grenier à foin se nichent probablement quelques mulots, et son fromage mûrit lentement sur les égouttoirs en bois du saloir, à l’air libre. Tout cela contrarie l’inspecteur de l’hygiène. Il ne veut plus voir de fromage au contact des planches et jette à Josette un regard sévère : « Je vouslaisse continuer, mais n’oubliez pas que c’est une tolérance. » Puis il ajoute : « Après, ce sera fini ! » ; autrement dit : « dès que vous serez morte », ce qui n’est pas courtois. À ses yeux, ce fromage est une bombe bactériologique, résidu d’une pratique agricole périmée, à laquelle il conviendra de mettre un terme le jour où Josette Antoine cessera son activité – celle qu’on lui laisse encore exercer, parce qu’elle a ses habitudes et que ce scandale demeure relativement discret.

Lorsque je venais, enfants, pour les grandes vacances, on achetait encore à la ferme une bonne partie des aliments : lait, œufs, volailles, lapin, cochon, fromage, salades ; mais je n’ai pas le souvenir d’une seule histoire d’intoxication alimentaire. Tout juste arrivait-il que se cache dans une douzaine d’œufs (on les emballait dans du papier journal pour les conserver à l’obscurité) un œuf pourri dont l’affreuse odeur marquait l’esprit des enfants…Inversement, les scandales d’hygiènes alimentaire, qui prennent aujourd’hui l’ampleur de séismes planétaires, sont tous issus d’une agriculture industrielle rigoureusement normée, où le moindre dysfonctionnement se transforme en catastrophe. Ce sont les pandémies et autres « épizooties » liées au mode d’alimentation des bêtes et aux conditions d’élevage intensif ; ce sont les empoisonnements causés par les défaillances de la « chaîne du froid », les mauvaises décongélations, les stérilisations déficientes, avec leur lot de bactéries et de maladies qui font la « une » des journaux, tout comme les sinistres bûchers où se consument les milliers de vaches perdues.

La ferme de montagne représentait, au contraire, un parfait modèle de ce que le jargon contemporain désigne sous le terme de « développement durable ». La présence de bétail et des greniers à foin à l’intérieur des maisons entretenait en permanence une chaleur peu coûteuse adaptée aux rudes conditions climatiques ; le lait se transportait dans des récipients qu’on nettoyait et qui durait une vie entière, sans augmenter les accumulations de déchets en plastiques à jeter dans la poubelle jaune. Les restes de nourriture et les épluchures contribuaient à l’alimentation des porcs, des lapins, des poules, au lieu de se décomposer dans la poubelle verte ; les excréments finissaient sur le tas de fumier qui fertilisait les élevages, et ce mode de vie entretenait le mystérieux face-à-face des humains et des animaux qui, depuis l’Antiquité, peuple nos contes et légendes. Même la scène terrible de l’abattage du cochon ou de l’égorgement du lapin donnait à la mort une réalité concrète.

Cette petite exploitation aurait donc, logiquement, dû servir de modèle à ceux qui se chargent de penser une agriculture « verte », « durable » et « biologique ». Mais l’écologie est une industrie comme les autres, contrôlée par les mêmes experts et soumise aux mêmes règles. Rétive aux engrais chimiques ou aux  cultures transgéniques, elle n’en respecte pas moins cet hygiénisme obsessionnel qui, venu des États-Unis et d’Europe du Nord, a recouvert le monde rural et imposé ses masques stériles, ses techniques de désinfection et de pasteurisation, finissant pat désigner tout produit naturel comme intrinsèquement dangereux.

Dans les villes nord-américaines, la simple idée d’un étalage ouvert paraît exclue…à moins d’envelopper hermétiquement chaque fruit, chaque légume, dans une enveloppe en plastique. C’est pourquoi les marchés français conservent quelque chose de primitif qui fait sourire les touristes émoustillés par ce poisson frais, tandis que nous-mêmes rêvons, dans les souks d’Afrique du Nord, devant les bassines d’épices et les pyramides d’œufs qui nous rappellent un monde plus anciens encore. Cela ne durera pas. Les normes s’étendent pour détruire, partout où cela subsiste en Europe, la cohabitation des hommes et des animaux, mais aussi la cohabitation des espèces qui formaient autrefois la poétique « basse-cour ». Elles prétendent éradiquer la manipulation de produits agricoles sans gants de protection, la culture dans les champs sans combinaison fluo, la circulation du tracteur sans sirène de marche arrière, tout comme l’utilisation d’aliments et de souches non répertoriés. Elles interdisent d’une main et, de l’autre, s’appliquent à imposer de nouveaux usages qui donnent à la campagne un air de banlieue et aux fermes l’allure e laboratoires carrelés puant l’eau de javel.

(…)

Après le désintérêt des pouvoirs publics pour la petite agriculture, après l’arrêt du ramassage du lait (ces gros bidons qu’on trouvait, dans mon enfance, au pied des chemins), les hygiénistes se chargent de donner le coup de grâce aux dernières fermes de montagne, qui se réduiront bientôt à quelques images dans les musées des arts et traditions populaires.

Dans dix ans tout au plus, Josette Antoine aura pris sa retraite et son fils, qui songe à reprendre l’exploitation, suivra les recommandations administratives en commençant par détruire l’intérieur de la ferme, son étable, ses clapiers, son cellier à fromages. Il fera construire de nouveaux bâtiments pour les bêtes, à l’extérieur, sur une dalle hors-sol conforme aux nouvelles normes. Ainsi s’achèvera, vraiment, l’histoire de l’agriculture montagnarde, commencée au Moyen Âge, quand les moines défrichèrent ces forêts profondes. Comme toutes les grandes disparitions, celle-ci se produira dans l’indifférence. Il faudra attendre qu’il soit trop tard pour découvrir que c’était une faute.

1 décembre 2016
Pétition adressée à
Ministre de l’Agriculture

PÉTITION AU MINISTRE DE L'AGRICULTURE

Les fermes traditionnelles, avec leur étable et leur grenier à foin, sont menacées par des réglementations et normes européennes inadaptées.

Pourtant :
• Les fermes traditionnelles font partie du patrimoine architectural français et contribuent à la beauté de nos paysages.
• Les paysans qui habitent et exploitent ces fermes perpétuent des modes de vie, d'élevage et d'agriculture respectueux des animaux et de la nature, et permettent la mémoire et la transmission de gestes et savoir-faire ancestraux.
• Les fermes traditionnelles pourraient être un modèle pour l'agriculture écologique que la plupart des Français appellent de leurs vœux.

C'est pourquoi je vous demande de protéger des normes européennes nos fermes d'antan, pour les laisser vivre et se développer à nouveau.

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Liliane a lancé cette pétition
Il y a 2 années

20 Commentaires

Régine LOSFELD
Régine LOSFELD

aller à vélo en pyjama à la fête du Chien d’Août; les étés à s’imaginer assez forts du haut de nos 10 ans que pour d’un coup de fourche lever un ballot de paille; les chatons dans la grange; la langue rugueuse du veau né la veille; la crème dessert de Marie-Aimée, aussi lourde et puissante en saveur que le chemin du lait dont elle était faite était court du pis de la vache à mon estomac… La ferme de Valère et Marie-Aimée n’est plus.
Il y a une yourte, un hara, des quads, il faut payer pour entrer, n’importe quoi…

Jacky soler
Jacky soler

Nos fermes font parti de notre patrimoine , en espérant qu’elles soient toujours saine.

nicolas sylvie
nicolas sylvie

Je signe parce que j’aime la nature, j’aime la campagne, j’aime la montagne et tous ces gens qui prennent le temps d’élever leurs animaux, de faire pousser les légumes…

christian bonardi
christian bonardi

Le fromage affiné sans pasteurisation et sans intervention pour y ôter ses bactéries participe du biotope intestinal. Il est probable qu’il soit un facteur de bonne santé et de lutte contre l’obésité. L’hygiénisme imposé n’en n’est pas un.

Fariza Arar
Fariza Arar

Perso , je suis née en montagne dans ce monde : de lait battu dans des poches de moutons pour en faire du beurre…, des chevauché fantastique sur les moutons à l’entrée du village à leur retour en fin de journée .. le verger l’été , la courses pour attraper un poulet à qui ma mère tranché la tête pour le dîner…les odeurs de fumier pour faire pousser tomates, poires etc….. Franchement LA VIE sans ILLUSION et on en est pas MORT!!!

Mary Winstanley Channer
Mary Winstanley Channer

Ceci n’est pas anodin!

Anonyme
Anonyme

Oui les petites exploitations doivent se redevelopper. C’est le seul moyen de persévérer la planète et l’environnement.

herve magat
herve magat

protection des fermes pratiquant l’agriculture biologique

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testzzffff

Anonyme
Anonyme

C’est notre France, personne ne peut s’octroyer le droit de la détruire

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